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Ce texte sur la question israélienne n’est que la transcription parue en 1971 d’un exposé présenté par François FONTAN, le fondateur de notre parti, lors du stage d’orientation nationaliste occitane qui s’est déroulé à Agen du 13 au 18 juillet 1970.

Nous avons jugé utile de reproduire ce texte, sans en rien retoucher, au lendemain de la guerre du Kippour qui espérons-le n’aura pas coûté en vain tant de vies humaines.  

Puisse le peuple occitan apporter sa modeste contribution en faveur de la reconnaissance d’Israël dans les frontières sûres auxquelles eux-aussi les Hébreux ont droit, afin que s’instaure une paix définitive entre Arabes et Israéliens.

Le 2 novembre 1973

LA QUESTION ISRAÉLIENNE

C’est l’une des plus délicates et des plus dramatiques de toutes les situations nationales actuelles. Nous n’allons pas pouvoir l’analyser de façon exhaustive, mais nous allons en indiquer les grandes lignes.

Il y avait, il y a environ 4000 ans des populations appelées cananéennes dans le territoire qui nous intéresse. On ne connaît pas l’appartenance ethnique exacte de ces populations, mais il ne semble pas qu’elles aient été sémitique d’après la classification donnée par la genèse des différents peuples qui en général était très exacte sur le plan linguistique, ces populations sont données comme kamitique c’est-à-dire apparentées aux Cooptes, Berbère, Somalie…

Une fraction des populations sémites qui nomadisaient préalablement entre ce pays de Canaan et l’Irak émigra un moment en Égypte, puis en partit sous la direction de Moïse. C’est à ce moment-là qu’il y eut formation d’une conscience nationale bien petite dans cette population : la nation hébreux est ainsi une des nations les plus anciennes, une des rares nations qui soient restées stables pendant un temps aussi long.   

Cette population hébreu envahit le pays de Canaan, anéanti ou assimila les habitants cananéens puis peupla le pays. Il y eut par la suite pendant environ 300 ans le débarquement sur la côte de populations sans doute d’origine indo-européenne appelées philistins. Ces envahisseurs restèrent deux à trois cents ans sur la côte puis furent absorbés eux aussi. Mais par un détour bizarre, le pays en question fut appelé Philistis par les grecs, mot qui passa plus tard dans la langue arabe, d’où le mot actuel de Palestine.

Les hébreux subirent à cette époque diverses invasions et déportations… Il y eut ensuite dans toute la Syrie et l’Irak l’expansion d’une autre nation sémitique, les araméens. Et dès avant l’arrivée des romains, l’époque du Christ, les araméens étaient en train d’assimiler les hébreux. Le peuple hébreu parlait encore hébreux, mais l’araméen se répandait de plus en plus (les documents de la mer morte ont permis d’établir que l‘hébreux était certainement parlé, mais on ne peut pas dire dans quelle proportion de la population). Puis il y eut la domination romaine et les révoltes à plusieurs reprises du peuple hébreu contre cette domination, qui se termina par l’écrasement de la dernière d’entre elles (en 70), la destruction définitive, tout au moins jusqu’à présent du temple de Jérusalem, et surtout à partir de ce moment il y eut émigration constante des populations hébreux de leur pays. D’où la situation qui dure depuis pratiquement 2000 ans.  

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Il faut voir maintenant, d’une part ce qu’a été la situation en Palestine (si on peut employer ce terme) à partir de cette époque, et d’autre part dire quelques mots de la situation de la Diaspora, des hébreux dispersés à travers le monde.  

En Palestine même, il est tout le temps resté une population hébreux, mais devenant de plus en plus minoritaire. À partir de l’an 700 a commencé l’invasion arabe, et les hébreux ont été confrontés depuis lors non plus avec des questions d’araméisation, de romanisation ou de grécisation, mais uniquement avec le problème de l’arabisation. Cependant la population juive est restée assez nombreuse pendant assez longtemps. Elle n’a fortement diminué qu’à l’époque des croisades, où les massacres faits par les croisés ont touché au moins autant les juifs que les arabes.

Elle était encore assez nombreuse pour former vers le 16°*17° siècle un petit état hébreu momentanément indépendant en Galilée. Et il y eut une population hébreu, même à l’état très minoritaire, dans au moins 6 endroits sans aucune interruption jusqu’à nos jours : Hébron, Jérusalem, Gaza, Tibériade, Safet, et enfin le petit groupe religieusement non Juif, mais ethniquement et linguistiquement hébreu, de Samaritains de Naplouse.

Pour tous les hébreux, soit dans le pays même, soit dans la diaspora, l’hébreu est resté la langue intellectuelle, culturelle, et la langue des relations entre groupes hébreux habitant des pays différents. Elle a été aussi bien sûr la langue religieuse, mais pas seulement comme on pourrait le croire (ainsi que Marcel Cohen l’a bien souligné). Et même, il semble que dans certaines zones des pays arabes ou berbères (à Djerba), l’hébreu soit resté langue d’usage courant jusqu’à aujourd’hui, mais dans de petites communautés très localisées. Notons encore qu’en 1900, il y avait dans la ville de Jérusalem une forte majorité de juifs.

Il est intéressant de signaler que si on peut considérer la religion juive comme la religion nationale des hébreux, la nation hébreu ne correspond tout de même pas vigoureusement avec le judaïsme. Il y a d’une part ces samaritains que nous avons signalés qui ne sont pas de religion juive, et qui sont d’ethnie hébreu. Et d’autre part, par contre, il y a les juifs d’Éthiopie, les Falaches qui sont eux de religion juive, mais qui n’ont jamais utilisés l’hébreu, et qui sont d’ethnie Agaw. Et il n’y a chez eux, pour cause, aucune trace de volonté d’aller en Israël.

Pour la Diaspora, jusqu’à la révolution française, dans les pays d’Europe occidentale, les juifs ont été exclu de toute possibilité d’intégration dans les sociétés parmi lesquelles ils vivaient. Envers tous les juifs de la Diaspora, la discrimination a été partout où ils se trouvaient la règle générale ; et on peut dire que l’Occitanie médiévale a sans doute été la seule exception à cette règle : toute trace de discrimination n’y avait sans doute pas totalement disparu, mais c’était quasi inexistant ; et cette absence de haine et de discrimination s’appliquait d’ailleurs aussi aux musulmans. Par contre, dans les pays arabes, tout ce qui n’était pas musulman était d’emblée en état de sevrage (voir les persécutions effroyables subies par les Coptes à travers toute l’histoire de l’Égypte arabe). C’est seulement depuis le 19° siècle que, dans les pays démocratiques bourgeois, il y eut possibilité légale d’intégration des juifs.

Mais, presque à la même époque, c’est-à-dire déjà vers 1850, il y eut un commencement de retour de toutes petites minorités de juifs en Israël, puisque depuis 2000 ans une des idées les plus enracinées au cœur de tous les juifs était le retour dans leur pays.

C’est seulement à la fin du 19e siècle que Théodore Herzl sur le plan politique et Ben Yehuda sur le plan linguistique firent la renaissance nationale hébreu. Herzl créa le mouvement national hébreu, le sionisme, et Ben Yehuda mit au point l’hébreu moderne. À partir de 1900, il commença à y avoir une émigration très faible jusqu’en 1917, (la Palestine était alors sous. Domination de l’empire Turc et les conditions de vie y étaient dangereuses). À ce moment-là, il y eut un événement décisif : un savant juif sioniste d’Angleterre Chaïm Neisman qui devint plus tard le premier président de l’État d’Israël, proposa en 1917 au cours de la guerre de 14/18 de mettre un nouvel explosif de son invention à la disposition du gouvernement anglais si celui-ci mettait dans ses buts de guerre l’installation en Palestine d’un foyer national juif. Et ce fut la fameuse déclaration Balfour. Cela fut fait avec le mandat donné par la société des nations à l’Angleterre pour faire ce foyer national juif.

Il y eut d’ailleurs à ce moment-là un premier contact entre le mouvement national arabe naissant et le mouvement sioniste. Le mouvement national arabe n’était représenté à l’époque que par l’équipe du roi Fayçal (l’ami de Laurence d’Arabie), et il y eut un accord signé entre Fayçal et les sionistes. Seulement Fayçal fut finalement chassé et l’accord n’eut pas de suite.  

C’est en 1917 donc qu’il y eut une émigration plus sérieuse, mais à mesure se développa l’hostilité des arabes de Palestine. En même temps, il y eut la montée en Allemagne du nazisme, et les deux mouvements se rencontrèrent en ce sens que le mouvement arabe trouva dans l’Allemagne nazie un allié idéal pour ce qui était de la lutte contre les. Juifs. C’est à partir du moment où l’hitlérisme arriva au pouvoir que l’Angleterre commença de fermer les portes d’Israël aux juifs. Ce qui se comprend très bien : l’Angleterre avait extrêmement peur de la propagande nationale arabe soutenue par l’Allemagne dans toutes les colonies de l’Angleterre. Aussi pour ne pas mécontenter les arabes, l’Angleterre interdit de plus en plus l’entrée de juifs. Or, comme par ailleurs l’Allemagne nazie avait pour premier but d’expulser tous les juifs de chez elle, on peut dire que les juifs furent tués en Allemagne grâce à la complicité anglaise.

En 1945, à la fin de la guerre, il y eut des revendications de plus en plus énergiques des juifs de Palestine pour le départ des anglais. C’est là que se forma le premier nationalisme, l’Irgoun, qui commença la guerre de libération nationale contre les anglais et qui la mena effectivement à son terme.

Les anglais ne sachant plus trop comment se sortir de ce guêpier, pensèrent que le mieux était de remettre leur mandat à l’ONU, qui décida par un vote très largement majoritaire de diviser cette Palestine en deux États : un juif et un arabe. L’Angleterre savait ce qu’elle faisait en abandonnant le pays parce que tous les États arabes à cette époque étaient des États fantoches de l’Angleterre. Il n’y avait pas encore d’État nationaliste arabe, et toutes les armées arabes étaient équipées par l’Angleterre et dirigées, même directement dans le cas de la Jordanie, par des officiers anglais. Le jour même de la proclamation de l’État d’Israël, les armées des 7 états arabes envahirent Israël. Ce qui n’était pas prévu par les anglais, c’était que le petit État d’Israël, pratiquement sans armes, mais dont tous les citoyens étaient disposés à se faire tuer jusqu’au dernier, battrait les 7 armées arabes.

Au cours de cette guerre contre l’invasion arabe, d’une part les dirigeants arabes appelèrent les Arabes à quitter le territoire entre les mains des Hébreux, et d’autre part, un mouvement nationaliste hébreu extrémiste décida une opération qui frapperait fortement les Arabes de Palestine, ce fut le massacre d’un village arabe en entier, Deir-Yassin (la même chose que fit en Algérie le FLN avec le massacre du village harki de Melouza).

Il y eut donc un État d’Israël (ou seule une petite minorité arabe demeura) mais il faut bien souligner que l’équipe dirigeante de cet État (Ben Gourion) social-démocrate, n’avait jamais voulu, elle, lutter contre la domination anglaise. Les dirigeants du Napaï n’ont fait que recueillir les fruits de la lutte de l’Irgoun… 

Comme épisode important, il y eut ensuite l’affaire de Suez.

À ce moment-là, il s’était formé un premier État nationaliste arabe : l’Égypte qui venait de nationaliser le canal de Suez, et qui précisément à ce moment-là faisait des avances à l’État israélien (radio Le Caire émettait quotidiennement en direction d’Israël et appelait à la réconciliation et à la paix… Mais les dirigeants du Mapaï purement et simplement pro anglo-américains, n’ont pas hésité à s’allier aux Anglais et aux Français pour attaquer l’Égypte : ce fut la fameuse affaire de Suez. Cette opération visait : pour les Français à abattre le principal soutien du FLN algérien, pour les anglais à récupérer le canal de Suez ; quant aux Israéliens, dans la mesure ou le parti dirigeant avait quelque intention nationale, ils espéraient se rattacher le Sinaï avec en plus tout l’arrière-plan idéologique social-démocrate occidental de défense du monde libre contre les révolutionnaires du Tiers-Monde… L’intervention israélienne fut condamnée en Israël même par les partis nationalistes comme une trahison des intérêts nationaux. L’Irgoun d’une part, et à gauche l’Ashdout Avona qui se sépare du Napaï à cette occasion, également le Napam. Il est évident que dans ce cas-là (uniquement) l’État d’Israël n’a fait que jouer le rôle d’agent de l’impérialisme anglo-français ; ce fut d’ailleurs un échec total, puisque Américains et Russes furent d’accord pour adresser un ultimatum aux agresseurs de l’Égypte et on en revint au statu quo ante. Il est certain que cet épisode a fait beaucoup pour renforcer la haine ethnique et religieuse, et fonder sur un impérialisme national de la quasi-totalité des Arabes contre le peuple hébreu, mais là le gouvernement israélien était effectivement à condamner.

Depuis cette époque, la situation n’a fait que se continuer. La totalité des États arabes nationalistes ou non nationalistes, progressistes ou réactionnaires, se sont strictement maintenus quand au fond sur cette position : la destruction de l’État d’Israël. Il y eut un nouveau pas dans ce sens, avec le blocus décidé par l’Égypte du golfe d’Akaba, qui avait pour but de couper Israël de tout lien avec les pays d’Afrique et d’Asie (ce qu’Israël avait annoncé comme un cas de guerre) et il y eut donc la fameuse guerre des Six Jours.

Mais là tout ne fut pas fait par le Napaï ; il y eut d’abord formation d’un gouvernement d’union nationale où la totalité des tendances israéliennes, de l’extrême droite à l’extrême gauche, participa. Le résultat de cette guerre éclair, ce fut que tout le Sinaï tombe entre les mains d’Israël, ainsi que la presque totalité des territoires encore entre les mains des Arabes (Cisjordanie, bande de Gaza, Golan). Et il y eut de ce fait l’établissement des frontières actuelles.

LES POSITIONS ETHNISTES

Il nous faut maintenant préciser divers points. D’une part, en fonction de nos positions ethnistes, nous soutenons totalement la lutte de la nation arabe contre l’impérialisme anglo-américain, et la lutte pour l’unification totale de la nation arabe. Mais d’autre part, de la même manière, nous soutenons totalement la nation hébreue contre l’impérialisme arabe sous toutes ses formes. La fixation de frontières justes entre hébreux et arabes se base selon les principes que nous avons indiqué par ailleurs dans nos analyses générales sur l’ethnisme. D’une part la restitution à la nation hébreue de son ancien territoire, d’autre part l’attribution d’un territoire vide pour tout le surplus de juifs qui ne manquera pas d’y venir. Cela donne par rapport aux actuelles frontières

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un débordement d’Israël vers le canal de Suez, la zone immédiatement à l’Est du canal ayant toujours été peuplée d’Arabes (jusqu’à El Arish) et n’ayant jamais été peuplée d’Hébreux, mais il manque à Israël du territoire : une bande sur l’autre rive du Jourdain.

Depuis la guerre des Six Jours, il s’est formé les mouvements de Fédayins, dont les positions sont, à usage occidental, fondées sur un camouflage : ils parlent d’une nation palestinienne alors qu’ils sont entièrement d’accord sur le fait que tous les palestiniens font partie de la nation arabe, ce qu’ils disent sans chercher à l’expliquer dans certains cas ; et ils nient l’existence de la nation hébreue et de son droit à l’indépendance nationale. Le comble est de voir toute l’extrême gauche de l’État français et des différents pays occidentaux et la Chine… presque tous les pays socialistes (sauf la Roumanie) soutenir cette intention de génocide de la nation hébreu. 

La solution pour nous, dans tous les cas semblables, c’est qu’il doit y avoir nécessairement échange de population. Cela a été fait déjà partiellement en ce sens que 500.000 juifs des pays arabes sont rentrés en Israël, correspondant aux Arabes qui ont fui lors de l’indépendance. Il est nécessaire de répartir également tous les Arabes encore en Israël.

Il faut dire que les camps de réfugiés où depuis 20 ans on fait croupir des malheureux palestiniens auraient pu disparaître depuis longtemps. Ce sont les pays arabes qui ont rigoureusement refusé un quelconque règlement de la question, alors qu’Israël avait proposé avec l’appui d’organismes internationaux, de financer la réinsertion des réfugiés dans les différents pays arabes qui, il faut le souligner, sont totalement sous peuplés, où il y a des millions de KM2 qui sont vides.

Un autre point à propos des organisations de Fedayins : nous devons les soutenir dans leur rôle révolutionnaire arabe dans la mesure où elles tendent à cela, c’est-à-dire si elles veulent effectivement renverser les régimes arabes réactionnaires en Jordanie ou au Liban par exemple. Actuellement devant l’impasse totale dans laquelle se trouvent les mouvements palestiniens ils n’ont à court ou à moyen terme, pas la moindre chance d’arriver à infliger la moindre défaite de quelque importance à Israël. De plus en plus, cette action révolutionnaire arabe est la seule chose qu’elles puissent faire.  

Il semble que certains (FFDP, FDELP… FPLP- Cnt Gal) aient effectivement tendance à vouloir faire la révolution socialiste dans les pays réactionnaires arabes. Pour le moment, le plus important des mouvements palestiniens, El Fath, est précisément subventionné par l’Arabie Saoudite, le Sultan de Bahreïn, etc… et tend à s’opposer catégoriquement à toute tentative révolutionnaire. Pour les mouvements palestiniens, il n’y a qu’une alternative : ou ils continuent à s’attaquer à Israël et servent ainsi objectivement à maintenir en place les régimes arabes réactionnaires, ou ils s’orientent clairement vers une voie révolutionnaire dans les pays arabes où ils sont.

On peut dire maintenant pour finir quelques mots sur différents points qui entrent fréquemment dans les discussions à propos d’Israël. D’abord le problème qui se pose et qui se posera de plus en plus pour tous les juifs du monde qui ne sont pas encore en Israël : comme tous les autres étrangers  dans un pays ils doivent finalement choisir individuellement à quelle nation ils appartiennent, et ou bien ils rentrent en Israël, ou bien ils décident de rester en tant que citoyens israéliens dans le pays où ils sont en tant que résidents étrangers, ou bien il s’y intègrent définitivement, en adoptant réellement la nationalité, s’assimilent. Mais il y a encore à l’heure actuelle une situation équivalente de double nationalité des juifs de la Diaspora qui sans vouloir rien brusquer, devra être résolue. Et elle le sera inévitablement au fur et à mesure de la montée du triomphe des mouvements nationaux parmi les nations où ils se trouvent.

Un autre point est le rôle de la religion juive : pendant presque 2000 ans le judaïsme a servi d’idéologie nationale hébreue. Depuis la formation du sionisme, c’est-à-dire d’une idéologie nationale, disons rationnelle, peu à peu la religion tend à perdre ce rôle. On ne peut pas dire qu’elle l’a totalement perdu, mais elle y tend fortement. De plus en plus, la conscience nationale hébreue de la diaspora, c’est le sionisme qui l’entretient. Et le point d’évolution maximum, c’est en Israël même : il n’y a plus là que 18 % environ de juifs religieux, la majorité étant athée. Lorsqu’on entend parler d’État théocratique à propos d’Israël, c’est vraiment une plaisanterie. Mais il y a en Israël un parti religieux, un petit parti, mais qui a servi pendant longtemps au Napaï pour avoir une majorité parlementaire, ce qui fait que ce parti religieux a exigé et obtenu toute une série de lois sur des questions particulières telles que les mariages mixtes…, différentes choses tout à fait aberrantes en accord avec les sentiments de quelque 80% de la population (cela ne touche que des questions peu importantes telle que l’attribution de la qualité de juif à des gens issus d’une mère non juive, mais évidemment pas la nationalité israélienne puisque n’importe qui, juif ou non religieux peut acquérir la citoyenneté israélienne).

Un dernier point important à indiquer est à propos de la structure sociale de l’état d’Israël. D’une part 52% de l’industrie israélienne est propriété de l’ensemble des travailleurs, c’est-à-dire du syndicat unique (Histadrouth), d’autre part, il y a les Kibboutz qui représentent peut-être 3% de l’économie et le reste appartient à des capitalistes israéliens privés (il n’y a pas d’implantation étrangère). Le système économique est typiquement intermédiaire : une société de transition entre capitalisme et socialisme, le secteur majoritaire de l’économie est pratiquement nationalisé, mais il y a encore une économie de marché, et une partie qui demeure capitaliste. Il est évident que dans la mesure où pour la nation hébreue le problème numéro un est celui de la survie, donc la nécessité de l’aide financière des capitalistes juifs dispersés dans le monde, il est fort difficile de passer immédiatement à une société socialiste. La question s’est même aggravée du fait que chacun des protagonistes est maintenant soutenu par des deux super-impérialismes mondiaux, situation qui aboutit généralement à un statu quo durable.

Soulignons à ce sujet que n’importe quelle nation luttant pour son indépendance a non seulement le droit, mais aussi le devoir de recevoir les appuis qu’elle peut trouver quels qu’ils soient. Ainsi Cuba n’a pu sauvegarder son indépendance que par l’aide russe ; au contraire la Yougoslavie menacée par l’impérialisme russe n’a pu se sauver après 48 que par l’aide militaire et économique américaine. De la même manière Israël. C’est là un des aspects essentiels du neutralisme qui permet à une nation de contrebalancer un impérialisme par un autre.

Pour ceux qui ne veulent voir que les luttes entre les deux principaux impérialismes, évidemment, tout ce qui n’est pas dans le camp de l’impérialisme qu’ils sont choisis, ils le voient agent de l’autre…

PNO / 1971

NB : À noter le point 1 des critères d'adhésion au PNO de l'époque !

"....à militer pour l'indépendance nationale de l'Occitanie et par là, pour la voie occitane du socialisme ..."

et merci à Nicole Faucon Pellet pour la récupération du texte et à JP Hilaire pour les corrections !

 

LA QUESTION ISRAÉLIENNE par François FONTAN

LA QUESTION ISRAÉLIENNE par François FONTAN

Tag(s) : #F FONTAN, #Israël, #international
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