L’hebdomadaire « Marianne » du 26 septembre fait allusion à un article d’un autre hebdomadaire « Télérama », portant sur la censure dans l’art, et le cite : « Toutes les mouvances de l’extrême droite politique et religieuse s’y rejoignent : identitaires, régionalistes, nationalistes, royalistes, skinheads, ainsi que de nombreuses associations catholiques intégristes ». Quelle pauvreté intellectuelle !
On aurait pu penser que la montée des archaïsmes populistes dans plusieurs États, les guerres en Ukraine et Moyen Orient, les rebellions en Nouvelle Calédonie et Martinique, l’impérialisme des cultures woke, la scission entre l’« Occident » et le « Sud global », etc… faisaient de notre époque un tournant favorable pour repenser, rediscuter en profondeur et de façon sérieuse les notions d’État, de nation, de peuple, de république, de mondialisation, d’universalité, de cultures, de subsidiarité, etc… à la lumière des enjeux humains contemporains.
Mais non, la société, au contraire, se crispe. Le théâtre médiatico-politique ne semble tirer aucun enseignement du marasme en cours. Les ressorts semblent rester les mêmes ; la course à l’accession au pouvoir, au maintien du pouvoir, le suivisme intéressé, la démagogie, les préjugés sectaires et exclusifs, la fuite en avant, etc. Dans le meilleur des cas, on nous jettera l’os d’un peu de proportionnelle, mais pour le reste, il ne faut surtout pas remettre en question le vieux système dont la classe médiatico-politique dominante tire encore bénéfice.
Je pensais (naïvement) que les nuages qui s’accumulaient sur la société et le monde pousseraient la société à renouveler et transcender sa pensée. Mais la peur, la médiocrité consumériste, les postures réactionnaires de gauche et de droite, paralysent toute réelle pensée libre et constructive.
Au niveau régionaliste il est affligeant de voir que certains tombent encore en pâmoison parce que François Hollande promet de s’occuper des langues régionales (il n’a même pas honte), ou que d’autres se jettent dans les bras du Rassemblement National (comme Mossa Palatina de Nicolas Battini en Corse).
À l’heure de la consécration de l’intelligence artificielle, certains me diront qu’il est rétrograde d’en appeler encore à l’intelligence humaine. Alors comment la société humaine va-t-elle s’en sortir ? Il faudra attendre d’être dans le mur pour le savoir.
Jacme Pince
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