Commençons par un peu de positif :
Patrick Hetzel, à l'enseignement supérieur, aura peut être son mot à dire sur la réforme de la formation des enseignants, alors qu'on pourrait craindre le pire de la nouvelle ministre de l'éducation coloniale (voir plus loin ...). Il est fermé partisan de l'autonomie des universités et établissements d'enseignement supérieur, ainsi que de celles des régions, qui pourraient protéger la formation des enseignants d'une orientation uniformisatrice qui serait le choix jacobin de l'administration de l'enseignement scolaire. Rappelons que Patrick Hetzel, originaire de Phalsbourg (en Moselle germanophone) et élu (LR/de la 7ème circonscription du Bas-Rhin (Saverne, dans l'«Alsace Bossue», qui partage avec la Moselle germanophone le même parler autochtone, «francique rhénan» !), s'est illustré dans son soutien vigoureux à la loi Molac (2021), et notamment à l'enseignement immersif en langue «régionale» ; il est co-auteur d'une proposition de loi (juin 2022) pour la sortie de l'Alsace du Grand Est, objectif qu'il entend porter au gouvernement, et on peut supposer qu'il serait favorable à une révision du découpage territorial respectant mieux les identités culturelles et linguistiques.
Anne Genetet, nouvelle ministre inattendue de l'éducation, semble avoir été choisie en raison de son incompétence et de son manque d'intérêt pour l'éducation ; elle est vraisemblablement appelée à appliquer des orientations définies en dehors d'elle, par une équipe autour de Gabriel Attal. Rappelons qu'elle est députée "macroniste" des "français de l'étranger" depuis 2017. En 2021, lors du débat sur la loi Molac, qui visiblement ne l'intéressait pas, elle a été appelée en renfort par le ministre JM Blanquer pour apporter son vote "contre" lors du scrutin public, et a signé avec une soixantaine d'autres députés "macronistes" le recours au Conseil Constitutionnel téléguidé par le ministre ... prouvant ainsi sa docilité, dont elle reçoit aujourd'hui sa récompense. L'exécutif jacobin doit pouvoir compter sur elle pour s'opposer, au nom de l'Éducation, aux revendications culturelles et linguistiques qui seront avancées par les divers autonomistes voire indépendantistes, avec les pires arguments suprématistes - en dehors de la francophonie exclusive, point de salut. Comme lors du recours de parlementaires contre la loi Molac en 2021, qui était motivé principalement par leur prétendu souci pour les malheureuses petites communes qui risquaient de devoir financer un enseignement bilingue qu'elles n'auraient pas approuvé, on peut remarquer que cette question ne pouvait pas se poser sur le territoire de la circonscription (des français de l'étranger) sur laquelle Anne Genetet était élue ...
Attendons de voir comment le gouvernement Barnier fera face aux revendications que les Corses, les Bretons, les Alsaciens ... attendent, depuis des mois, d'avoir un interlocuteur pour les rappeler ... Sans oublier les outre-mer qui ont tout à craindre d'une volonté de "normalisation" qui pourrait renouer avec les pires traditions coloniales.
P.B
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