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À propos de l’« Organizacion Democratica del Pòble Occitan »

 

  Il manquait quelque chose à la politique occitane et tout d’un coup, comme les champignons après la pluie, avec le premier mai 2018 fête annuelle internationale du travail apparut l’ODPO ou Organisation Démocratique du Peuple Occitan, qui affiche un discours d’extrême gauche digne d’un Parti Communiste Marxiste-Léniniste de la grande époque soviétique et pour une fois clairement indépendantiste occitan.

Ligne politique de l’ODPO sur <http://www.odpo.org/>

  Cette ODPO semble être dans la filiation de Libertat autrefois héritier d’Anaram au Patac et plus anciennement encore du CRÒC Corrent Revolucionari Occitan.

  Le programme minimum en 11 points de l’ODPO ressemble étrangement – on dirait un copier coller – au Programme National Transitoire du Parti Nationaliste Occitan (1) à ses débuts du temps de François Fontan, la religion marxiste en plus et la vision ethniste du monde en moins.

  On peut notamment regretter que l’ODPO proclame, après tant d’autres : « Nos bases théoriques se trouvent dans le marxisme, le matérialisme et l’histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire », en effet ces bases théoriques ont largement prouvé leur incapacité à éclairer, à elles seules, ceux qui s’en réclamaient pour comprendre les fondements ethno-culturels des impérialismes et les aspirations des peuples dominés.

  Le Partit de la Nacion Occitana qui est le premier vrai parti politique de toute l’histoire de l’Occitanie a toujours dit qu’il fallait qu’il y ait des partis politiques occitans de droite, du centre ou de gauche. Nous disons qu’il est sain pour le débat d’idées en Occitanie et sur la question occitane, qu’il y ait aussi un espace pour représenter l’extrême gauche.

  Jusqu’à très récemment, presque tous les tenants d’une extrême gauche occitane ou occitaniste faisaient de la résolution de la lutte des classes la condition de la réalisation d’une Occitanie indépendante.

  On peut toutefois rappeler le précédent de la FACO, Federacion Anarquista-Comunista d'Occitània (1969-1976) ,fondée par Guy Malouvier, laquelle proclamait dans l’article 6 de son « Manifèst de Peirigús » :

La FACO lutte, sur un front anti-impérialiste de classe, pour :

a) l’indépendace nationale du peuple occitan,

b) la révolution communiste libertaire, sur les territoires libérés d’Occitanie.

  Ainsi, pour la FACO, l’indépendance nationale n’était pas subordonnée à une révolution sociale préalable (pour eux, « communiste-libertaire »), au contraire celle-ci se tiendrait « sur les territoires [préalablement ?] libérés d’Occitanie ».

  Toutefois, l’article 7 du même « Manifèst de Peirigús » précisait :

La FACO s’opposera à la création de tout État National Occitan, jugeant cette phase « intermédiaire » inutile et dangereuse. La FACO se prononce pour l’établissement immédiat sur les terres d’òc du socialisme sans État sous la forme d’une Confédération des Communes Libres d’Occitanie.

Ce qui était parfaitement cohérent, « orthodoxe », pour des anarchistes, finalement plus occupés à combattre les « étatistes » que l’impérialisme …

  Alors que l’ODPO se prononce (point 1 de son « programme minimum ») pour la « mise en place d’un état indépendant : la république populaire occitane, un état fédéral et socialiste sous la forme d’une démocratie populaire », dont elle expose rapidement l’organisation « à tous les niveaux ».

  Pour la première fois depuis la création du PNO en 1959 (à l’exception près de l’assez éphémère FACO), un autre groupe politique parle de « communauté ethnique occitane » et  proclame que « Les occitans ne sont pas une minorité nationale mais une nation sans état. » enfin qu’ « Il y a bien une nation occitane. »

  L’ODPO « revendique quatre objectifs avec la ferme intention de les réaliser » et le premier est l’indépendance … le PNO se sent soudain moins seul.

L’ODPO dénonce « Cet occitanisme qui s’est mis à la remorque de la gauche française nationaliste et chauvine». Elle oublie de faire son autocritique et de dire que ses prédécesseurs ont souvent été la copie rouge et jaune du NPA et d’autres composantes de l’extrême gauche colonialiste française. 

  Selon eux « Aucun mouvement – il faut comprendre occitaniste - ne parle du droit à l’indépendance des nombreuses nations dominées de l’État français, ou sinon de manière sélective. » Désolé mesdames et messieurs mais c’est ce qu’a toujours fait le PNO depuis 1959 et nous avons commencé par soutenir le FLN algérien, pendant que de grandes figures occitanistes de gauche de l’époque soutenaient l’Algérie française.

  L’ODPO dit « porter un projet de rupture qui ne peut passer que par l’affirmation de la souveraineté nationale» Et ajoute que « Seul un État indépendant de la France impérialiste pourra assurer notre libre développement. Cet État nous le voyons comme le défenseur de la souveraineté populaire et nationale. Nous le voyons comme l’instrument au service de la classe ouvrière et des classes dominées, au service du socialisme et de la renationalisation de l’Occitanie. Nous défendrons la légitimité historique et politique d’un état national. »

Ou encore « Nous luttons pour la réunification des occitans des états français, espagnols, italiens dans le même territoire ».

  Nous leur disons « Camarades bienvenue au club ! ». Ce qui  sépare le PNO de l’ODPO c’est que  nous pensons que la lutte pour cet État occitan devra être le résultat d’un front des classes nationales occitanes qui ont intérêt à l’indépendance et que la classe ouvrière n’est pas loin de là, la seule composante sociales et sociologiques de la nation occitane. Cela s’est passé ainsi dans toutes les luttes de libération nationale dans le monde et l’Occitanie n’échappera pas à la règle.

  Dans l’Occitanie indépendante selon l’ODPO y aura-t-il d’autres partis politiques qu’elle-même ? Si après l’indépendance nationale, il faut en passer obligatoirement par la dictature du parti du prolétariat … pour le PNO c’est et ce sera NON.

Pour l’ODPO « Les minorités nationales issues des ex-territoires coloniaux français ou de l’immigration ibérique forment avec le peuple occitan une communauté d’intérêts objectifs. »

  Non, en Occitanie il n’y a pas de minorités nationales. Les occitan(e)s originaire(s) du Maghreb (arabes ou berbères), d’Afrique noire et de la péninsule ibérique ou de la péninsule italienne ne constituent pas des minorités nationales. Ils sont des ponts naturels entre leur pays d’origine (ou celui de leurs parents) et leur pays d’accueil, l’Occitanie. S’ils  veulent continuer à pratiquer la langue de leurs ancêtres, c’est leur affaire, avec l’aide éventuelle des États d’origine, et, s’agissant de nations sans État (rom, amazigh ‑ ou berbère ...), l’aide de l’Occitanie au nom de l’internationalisme.

L’ODPO se prononce aussi pour l’« Officialisation des langues des peuples sans état (langues Roms, tamazirth…) et du poitevin saintongeais. Autonomie politique culturelle en faveur des minorités nationales (issues des ex colonies françaises, portugaise, juive etc) »

  Il s’agit ici de mesures qui relèvent plutôt de la compétence du futur État occitan indépendant que des militants d’aujourd’hui. Celles de ces mesures concernant les peuples sans État ne passent pas forcément par l’officialisation de leurs langues sur le territoire  occitan mais plutôt par des aides spécifiques. Un soutien de l’État occitan indépendant serait inconcevable pour le poitevin saintongeais qui est un dialecte de la langue française. C’est un problème qui concerne les français et dont l’État occitan indépendant n’aura pas à se préoccuper.

  Pas d’ingérence dans les affaires dialectales d’un pays voisin et néanmoins « ami ». Toutefois, dans la lutte de libération nationale, les progressistes occitans peuvent s’allier aux « régionalistes » français et notamment à ceux revendiquant la reconnaissance de la diversité dialectale de la langue française.

  Pour ce qui est des occitans d’origine portugaise ou hébraïque ils sont eux aussi des ponts entre l’État portugais ou l’État d’Israël et notre futur État occitan dans le cadre d’échanges bilatéraux et égalitaires entre nos peuples.

  Dans le 11ème et dernier point de son programme minimum l’ODPO prône une « Politique internationaliste active en soutien aux luttes révolutionnaires et anti-impérialistes dans le monde. »

Rappelons que c’est ce que fait le PNO depuis 1959 en vertu du fait que nous sommes ethnistes donc inter-nationalistes. Le tiret entre inter et nationalistes est important.

Nous soutenons par exemple le droit à l’existence de l’État d’Israël pour le peuple hébreu et l’unité de la nation arabe là ou l’extrême gauche « internationaliste », ODPO comprise, s’obstine à soutenir les faux nationalismes palestinien et sahraoui (cf Front Polisario).

  Nous soutenons l’unité de la nation portugaise qui doit se réunifier avec la Galice sous domination espagnole. Nous ne soutenons pas les mouvements qui visent à détruire l’unité des nations auxquelles elles appartiennent, « arpitan » (pour la France), andalou ou aragonais (pour l’Espagne) et sicilien, « padanien » ou vénitien (pour l’Italie) etc …..    

  L’ODPO avait organisé le 23 juin dernier un hommage passé un peu inaperçu à la résistance occitane (2) auquel des militants du PNO et de País Nòstre ont participé. Nous verrons bien à l’avenir si c’est vraiment une nouvelle force indépendantiste occitane active sur le terrain.

1     un de leurs dirigeants doit avoir de très bonnes archives

2     .<https://www.occitanie-tribune.com/articles/8088/
occitanie-toulouse-pais-nostre-a-l-hommage-a-la-resistance-occitane-le-23-juin-a-toulouse/
>

 

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Tag(s) : #occitanie, #PNO-Bureau
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