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Une fois le plus
« Le Canard enchainé » est contre le droit des peuples
à disposer d’eux-mêmes

 

Après que l’hebdomadaire parisien « Le Canard enchainé » a publié un article de désinformation basé sur des paroles de Monsieur Esteban Gonzales y Pons, eurodéputé espagnol du Parti Populaire, l’auteur franchouillard de l’article dont les initiales sont J.-M. Th, se permet de conclure : « Les Catalans n’ont pas encore coupé les liens avec Madrid, mais ils ont déjà réussi à lier à leur cause le nationalisme d’extrême droite ». La propagande chauvine et impérialiste du Canard enchainé, qui n’a rien à envier à celle du Front National, serait-elle de gauche ? Les lecteurs feront leur déduction. Quoi qu’il en soit nous publions avec plaisir la lettre que Monsieur Jacme Pince, d’Occitània e Libertat, vient d’adresser à la rédaction parisienne.

 

Pàmias le 21 novembre 2017

 

À la rédaction du Canard enchainé

 

Madame, Monsieur,

 

    Votre article sur la Catalogne (édition du 8 novembre 2017) est affligeant. Quand on voyait les groupes fascistes défiler, bras tendus, dans les manifs espagnolistes de Madrid, vous n’avez rien relevé, bien sûr !

    Faire pour la Catalogne, compte tenu de son histoire, un procès en extrêmedroitisme est indigne. Mais derrière tout cela, il y a le nationalisme d’État français, bien planqué derrière le cache-sexe républicain et dont le Front National n’est que la partie émergée en France. Vous cherchez les faux arguments : les Catalans voudraient se désolidariser des autres régions. C’est faux ; ils revendiquent « l’indépendance dans l’interdépendance ». Sans compter que les solidarités se jouent au niveau de l’Europe, que les Catalans ne souhaitent pas quitter. Mais qui veut noyer son chien...

    Les Catalans n’ont pas à se justifier de vouloir leur indépendance ; ils usent seulement du droit universel à l’autodétermination.

    Je ne suis ni pour, ni contre l’indépendance de la Catalogne. Je suis pour le droit des Catalans à exprimer leur souhait concernant leur avenir, et pour qu’ils aient les moyens de le mettre en œuvre. Peut-être que les Écossais, les Flamands, les Corses, etc.… ont aussi des choses à dire, et alors ?

    Il ne me paraît pas scandaleux qu’un des rôles de la démocratie soit de corriger ce qui n’a, le plus souvent, été construit que dans le sang, les larmes et l’arbitraire. Que Monsieur Juncker, luxembourgeois, vienne expliquer aux Catalans qu’ils n’ont pas droit aux mêmes prérogatives que les Luxembourgeois pourrait être risible si la situation n’était pas dramatique.

    Quant à la classe médiaticopolitique française, une fois de plus, elle a renié les idéaux de la République. Une République qui, soit dit en passant, a été fondée sur la terreur.

    J’ai été à jeun de voir un débat à la télévision où seraient invités des Catalans indépendantistes pour expliquer leur projet. Pas plus que nous n’avions vu les médias « républicains » organiser le moindre débat à la suite des dernières législatives sur l’élection historique de trois députés nationalistes corses sur les quatre circonscriptions que compte l’île.

    Il y a un nationalisme de reconnaissance qui se heurte aux nationalismes d’État, hégémoniques, impérialistes, aujourd’hui comme depuis des siècles : à Madrid comme à Paris. Les Catalans sont accusés de défaire l’Europe quand ce sont les nationalismes d’État qui en empêchent la construction.

    Mais la crispation nationaliste d’État ne va-t-elle pas au-delà du politique ? Elle a recours à la violence, rejoint le chauvinisme et s’enracine au tréfonds des archaïsmes humains, comme un système extrême de défense contre l’angoisse de désintégration et de mort. Les mécanismes mis en jeu évacuent la démocratie. Ce sont eux qui ont généré tant de souffrance sur la planète. Et, visiblement, nous n’en sommes pas au bout.

    En 2017, en Europe, un État emprisonne des gens élus démocratiquement pour des opinions exprimées démocratiquement et pacifiquement, mais les médias s’en accommodent. La situation est grave et le fascisme est toujours là.

    Madrid organise des élections le 21 décembre après avoir emprisonné tous les responsables de l’opposition. On se croirait dans une certaine Afrique. Mais nos médias préfèrent nous parler jusqu’à la nausée de l’élimination de l’Italie en football ou de la dernière côte de popularité de Monsieur Macron...

    Pensée unique, peur, aliénation constitutionnelle ; sommes-nous condamnés à la prison à perpétuité ? Par qui ? Pourquoi ?

Bien à vous.    

 

Jacme Pince, Occitània e Libertat

Catalogne

Catalogne

Tag(s) : #Tribune libre, #international, #catalogne
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