Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Migrations

Éditorial par Jean-Pierre Hilaire

Le Pacte de l’ONU dit de Marrakech sur les migrations a été adopté par plus de 150 pays dont la France. Il propose de réguler les flux migratoires considérés comme inéluctables à l’échelle planétaire en raison des guerres et du réchauffement climatique.

Il est proclamé non-contraignant pour les États qui l’adoptent.

Sauf qu’un traité international a vocation à être respecté par ses signataires. 

Le président de la république française l’a signé au nom de la France parce qu’il correspond à son idéologie qui est celle des élites mondialisées.

Les flux de migrants économiques en provenance de l’Afrique du Nord et de l’Afrique sub-saharienne, pour l’essentiel, se dirigent vers l’Union européenne, considérée, à tort bien souvent, comme un eldorado.

Cette Union s’est montrée jusqu’ici incapable de gérer ces flux en raison de la fracture en son sein entre des pays comme l’Allemagne ouverts à une immigration assez massive, du moins en 2015 et jusqu’à récemment, et le groupe dit de Višegrad comprenant la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie refusant l’accueil de migrants économiques et de réfugiés au nom d’une identité culturelle et de racines menacées à préserver, la France se situant à égale distance des deux attitudes.

L’attitude de ces pays récemment rejoints par l’Italie en raison du changement politique dans la péninsule est qualifiée par les instances européennes de populiste, mot souvent utilisé pour parler de ceux qui pensent mal à l’aune de la doxa européenne.

Cependant, la plupart des enquêtes d’opinion, notamment dans l’État français, montrent un rejet de l’immigration.

L’immigration, surtout celle en provenance de l’Europe de l’Est mais pas exclusivement, a été un facteur déterminant dans le Brexit majoritaire en Angleterre et au Pays de Galles mais minoritaire en Écosse plus ouverte à l’immigration en général. 

Or les rédacteurs du pacte estiment que les migrations sont des facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable. Quiconque conteste ce point de vue est immédiatement traité de populiste voire de fasciste.

C’est peut-être vrai pour les réfugiés instruits qui viennent de zones de guerre comme le Moyen-Orient et pour les Africains en provenance de pays où l’instruction et le niveau de vie ont fortement progressé mais c’est désastreux pour les pays d’origine privés de leurs forces vives.

C’est discutable pour les migrants d’un niveau d’instruction bas qui ne peuvent espérer que devenir une main d’œuvre bon marché pour le patronat européen.

Mais le rejet des migrants par les populations autochtones est le reflet d’un sentiment d’insécurité culturelle, un ressenti personnel qui ne repose pas sur des données statistiques. Le sentiment de ne plus être chez soi, de perte de ses valeurs traditionnelles qui ne servent plus à intégrer et encore moins assimiler les nouveaux venus.

Ces derniers, très souvent, continuent à vivre exactement comme ils le faisaient dans leurs pays d’origine. Leurs repères culturels sont parfois très éloignés de ceux de leur pays d’accueil.

L’ONU et la plupart des États européens prônent le multiculturalisme et le vivre-ensemble.

Mais le Parti de la Nation Occitane est obligé de constater que pour la république française une et indivisible, ce multiculturalisme ne s’applique pas aux nations qui la composent.

Une seule culture est officielle en Occitanie, la culture française qui devrait s’imposer à tous, Occitans, migrants d’Outre-mer, d’Outre-Loire et d’ailleurs.

Ce sentiment d’appartenance à la France, sa langue, sa culture, son histoire ne va pas de soi sur le terrain. Le vivre-ensemble ressemble plus à un vivre à côté et à un apartheid territorial.

C’est surtout vrai pour les musulmans qui pour la majorité d’entre eux ne sont pas islamistes radicaux et partisans de la violence terroriste.

Une violence que beaucoup peinent tout de même à dénoncer publiquement.

Par ailleurs beaucoup d’entre eux, même quand ils ne sont pas religieux, ont un mode de vie et des traditions culturelles qui les marginalisent par rapport au reste de la société (interdits alimentaires et rapports entre hommes et femmes notamment).

La socialisation se limite souvent pour eux au cadre professionnel.

Ils mettent en avant d’abord leur identité musulmane et ensuite, pas toujours, leur citoyenneté française.

Et ils se retrouvent auxiliaires de l'entreprise coloniale française d'éradication de notre langue, même si très généralement ils n'en ont pas conscience.

Alors que peut proposer le Parti de la Nation Occitane sur un problème aussi sensible que celui des migrations ?

D’abord d’abandonner le discours traditionnel de certains occitanistes sur l’Occitanie, terre d’accueil au cours des siècles et de « convivéncia », ancêtre du vivre-ensemble.

Cette « convivéncia » est bien une valeur de la civilisation occitane qu'il nous importe de restaurer, mais il est suicidaire de faire bon accueil en son nom à ceux qui contribuent à détruire les fondements même de cette civilisation : notre culture et notre langue.

Si les « migrants » veulent vivre avec nous, ils doivent s’adapter à notre mode de vie, respecter la laïcité et s’intéresser à notre langue et notre culture occitanes. Cela vaut pour tous quelle que soit leur origine géographique.

Cela vaut notamment pour les Français qui font de notre pays une colonie de peuplement, et pour leurs auxiliaires « immigrés du Sud ».

Quelle politique le Parti de la Nation Occitane propose-t-il de mener envers les pays d’émigration ?

L’aide économique substantielle des pays d’accueil aux pays de migration de ces dernières décennies post-coloniales n’a pas toujours été détournée.

Elle a contribué à une meilleure gouvernance et à l’élévation du nouveau de vie.

Revers de la médaille, ceci a poussé les couches instruites (médecins) à chercher une vie encore meilleure en Europe ou ailleurs.

Il est vrai que les ressources naturelles de ces pays continuent de ne pas beaucoup profiter aux autochtones mais ce pillage n’est plus seulement le fait des multinationales européennes et américaines mais de plus en plus des entreprises étatiques d’un pays officiellement communiste, la Chine.

L’Afrique a un problème d'explosion démographique. Les pays donateurs ont le devoir de persuader les dirigeants africains d’aller à l’encontre des traditions culturelles de leurs peuples, de mener une politique de contrôle des naissances et d’assurer une protection sociale digne de ce nom.

L’immigration massive en Europe est-elle une chance, voire une obligation, pour une population vieillissante ?

Pas nécessairement si nos gouvernants se décident à mener des politiques natalistes pour dépasser les égoïsmes narcissiques d’une société de consommation effrénée et inciter à faire plus d’enfants.

Nous sommes dans l’Union européenne et la régulation stricte des flux migratoires, à défaut de pouvoir les stopper complétement, ne peut se faire qu’aux frontières de l’UE même si cela semble être un vœu pieux pour l’instant vu le contexte géopolitique.

Pourtant, il y a urgence. Si ce problème n’est pas résolu, l’Union européenne peut éclater à terme.

Il importe que les pays de l’UE raccompagnent dans leurs pays d’origine avec humanité mais sans faiblesse, les clandestins et les déboutés du droit d’asile mais aussi ne laissent aucun répit aux passeurs et autres trafiquants d’êtres humains.

Quant à l’Occitanie soumise à la politique migratoire française, elle subit la double peine : la migration du Nord et du Sud.

Le Parti de la Nation Occitane pense que l’Occitanie n’aura de prise sur l’immigration que si elle est au moins autonome ou mieux encore indépendante avec une langue officielle dans toutes les instances : l’occitan.

Pour l’instant, en Occitanie, l’insécurité culturelle profite surtout au nihilisme abstentionniste ou au Rassemblement « National », c'est à dire colonial.

Tous les militants politiques occitans ne doivent pas perdre de vue que la langue et la culture occitanes sont un bien que doivent partager tous ceux qui vivent en Occitanie d’où qu’ils viennent.

Ce partage ne pourra se faire que si l’Occitanie est maîtresse de son destin.

 

Pour télécharger gratuitement au format .pdf le N°128 c'est : ICI

Revue occitane : Lo Lugarn

Revue occitane : Lo Lugarn

Tag(s) : #Editorial Lo Lugarn, #Lo Lugarn, #occitanie
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :