Ce film sur youtube propage un gros mensonge historique : au XVème siècle, le duché de Bretagne était binational, scindé entre, à l’est, la "Haute Bretagne", dont le parler autochtone était la variante occidentale de l’angevin, dialecte français, et à l’ouest, la "Basse Bretagne", de langue bretonne. Ceci depuis que les princes souverains qui régnaient jadis sur le territoire peuplé de bretons et parlaient breton ont conquis militairement Rennes, Nantes, et Saint-Malo, où personne n’avait jamais parlé breton, et y ont établi leur capitale, prenant le titre de Duc. Ils ont cessé de pratiquer la langue bretonne et de la transmettre, adoptant le parler français (dit "gallo" en breton !) de la partie la plus peuplée et la plus riche de leur domaine et aussi la version "standard" de cette langue française, pour gérer leur duché, au détriment de la (vraie) nation bretonne ethnolinguistique, ainsi soumise bien avant le XVème siècle à une colonisation culturelle et économique par l’impérialisme français dont les relais étaient à Rennes et Nantes. La limite linguistique entre parlers romans et parlers celtes (non hérités d’"ancêtres gaulois", mais implantés au haut "Moyen-Âge" par l’immigration britannique, consécutive aux invasions germaniques outre-Manche) a très peu varié du VIIIème ou Xème au XVIIIème siècle.
Cette légende d’une Bretagne quasi indépendante et où toute la population aurait parlé "breton" est un mensonge diffusé pour renforcer la revendication de l’« identité historique » d’une "région Bretagne" à cinq départements dans laquelle s’enferme hélas l’essentiel du mouvement "bretonniste", au lieu de prendre exemple sur la renaissance cornique. Tout comme certains occitanistes revendiquaient naguère une identité occitane pour le Poitou au nom du Duché d’Aquitaine, d’Aliénor et du troubadour Guilhèm de Peitèus.
Pèire Barral
/image%2F0568858%2F20260504%2Fob_784bf7_france-copie.png)
/image%2F0568858%2F20260504%2Fob_868cb8_france.png)