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GROENLAND

Les Inuits sont 150 000 répartis entre le Groenland, l'Alaska et le Canada. Ils sont 50000 au Groenland qui compte également 8000 Danois. Le Groenland jouit d'un statut d'autonomie interne dans le cadre de l'État danois. Le gouvernement régional du Groenland en commun avec le gouvernement danois, a un droit de veto sur l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles abondantes mais difficiles d'accès. Selon les rapports des services géologiques du Danemark, du Groenland et des États-Unis, des gisements d'or, terres rares, lithium, fluor, niobium, hafnium, zirconium, molybdène, strontium, platine, titane, vanadium, cobalt, de graphite et même d'uranium sont identifiés.

Une partie importante de la population vit de la pêche (morue, crevettes, saumon), et de la chasse aux phoques. Les Danois détiennent encore les leviers de commande de l'économie.

Une vue de la ville de Nuuk, au Groenland, le 14 janvier 2026. © Evgeniy Maloletka, AP

Copenhague conserve le contrôle de la défense, la politique étrangère et la justice. Le Danemark subventionne près de 60 % du budget groenlandais, soit en moyenne 4 milliards de couronnes danoises par an (environ 535 millions d’euros). Un soutien financier qui alimente à la fois la stabilité économique du territoire dont l'économie reste peu diversifiée malgré des efforts en ce sens. Pour diversifier son économie, le Groenland cherche à renforcer sa filière halieutique, première ressource du territoire, mais aussi à développer le tourisme et le secteur énergétique.

Situation politique au Groenland

Le 11 mars 2025 lors des élections législatives. 70 % des électeurs groenlandais ont pris part au vote, dans un contexte politique inhabituel, après l'annonce de Donald Trump de vouloir obtenir "d'une manière ou d'une autre" l'île peuplée de 58 000 habitants.

Résultats

 Le parti d’opposition de centre-droit Demokraatit a remporté le scrutin avec 30,3 % des voix. Il obtient 10 des 31 sièges de l'Inatsisartut, le Parlement national. En deuxième position, on retrouve les indépendantistes de Naleraq, avec 24,8 % et 8 sièges.

Durant la campagne, la question de l'indépendance a éclipsé les autres sujets, comme l'éducation, les affaires sociales, la pêche ou le tourisme. Si la volonté d'une autonomie pleine semble aujourd'hui plébiscitée par les habitants du pays, elle suscite cependant des craintes face aux appétits de Donald Trump. D'où les différences entre partis groenlandais, certains souhaitant une autonomie plus large, alors que Naleraq a plaidé pour une indépendance immédiate.

Les partis de la coalition sortante ont été sanctionnés. Inuit Ataqatigiit du Premier ministre Múte Egede (gauche-écologiste) et Siumut (social-démocrate) sont respectivement arrivés en troisième et quatrième position avec 21,6 et 14,9 % des voix.

Situation ethno-linguistique

Les Inuits sont une ethnie vivant à l'origine dans les régions arctiques d'Amérique du Nord et de Sibérie et présente au Groenland, au Canada, aux États-Unis et en Russie.

Leur population totale est de 150000 personnes.

La langue groenlandaise ou kalaallisut fait partie d’un ensemble linguistique appelé paléo-sibérien. C’est une variante de la langue des Inuits. Les autres variantes sont l’inuktitut (Canada), l’inupiak (Alaska et Russie) et l’inuvialuktun (Nord-Ouest canadien.

À l'origine, au 13e siècle, les Inuits ont migré du Canada vers le nord du Groenland, puis tout le long de la côte occidentale jusqu'à la pointe sud et plus haut sur la côte orientale.

Ils y ont rencontré les Vikings arrivés à la fin du Xe siècle mais ces derniers chassés par une vague de froid, contrairement aux Inuits, abandonneront l’île au milieu du 14e siècle.

Source : La Clef (atlas collectif ethno-linguistique, 1998, éditions Z, épuisé)

Les visées des États Unis sur le Groenland

Quelles que soient les époques, les États-Unis avancent l'argument d'un territoire vital pour leur sécurité nationale. Depuis le XIXe siècle, les États-Unis n’ont pas réussi, à plusieurs reprises, à s'accaparer l'île du Groenland, en 1867, 1910, 1946, 1955, 2019 et 2025.

Le 22 décembre 2024, le président élu des États-Unis, Donald Trump, écrivait sur son réseau Truth Social :

Pour des raisons de sécurité nationale et de liberté dans le monde, les États-Unis d’Amérique estiment que la propriété et le contrôle du Groenland sont une nécessité absolue.

Lors de son premier mandat, en 2019, il avait déjà exprimé son intérêt pour le Groenland.

L'accord conclu avec le Danemark en 1951 confirme la souveraineté du Danemark sur l'île tout en donnant aux États-Unis toute latitude pour établir des bases. Même si le Groenland devenait indépendant, il ne pourrait donc pas se débarrasser facilement de la présence des États-Unis sur son sol.

En février 2025, un représentant républicain a déposé un projet de loi autorisant Donald Trump à «acheter ou acquérir le Groenland». Un autre projet de loi, appelé "Make Greenland Great Again Act", est soutenu par une douzaine de législateurs républicains et autorise le président à entamer des négociations avec le Danemark. Les responsables danois et groenlandais ont déclaré que le Groenland n'était pas à vendre et les autorités danoises ont affirmé que les États-Unis ne prendraient jamais le contrôle du Groenland.

L’exploitation des ressources du sous-sol groenlandais peut se faire sans annexion. Les prétentions américaines visent à réduire la suprématie étrangère sur le marché des terres rares et à éviter que le Groenland tombe sous la coupe des Russes ou des Chinois.

Si le Groenland devenait indépendant du Danemark, il ne pourrait pas résister aux menées impérialistes.

Pour les Groenlandais, l'annexion aux États-Unis serait-elle la moins pire des solutions contre la Chine et la Russie ?

Pour acquérir le Groenland, l’administration américaine n’exclut pas une intervention militaire contre son allié, le Danemark. Ce serait alors la fin de l’OTAN.

En janvier 2025, quelque 85 % des Groenlandais sondés étaient opposés à leur rattachement aux États-Unis. Mais que pèsent-ils face aux puissances impérialistes ?

Dans un monde idéal, qui n’est pas celui d’aujourd’hui, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les Inuits devraient, selon les principes ethnistes de François Fontan et du Parti de la Nation Occitane, disposer d’un vaste territoire indépendant, aujourd’hui morcelé en plusieurs États, tous impérialistes sauf peut-être le Canada. Dans l’immédiat, le Parti de la Nation Occitane dénonce les menaces d’annexion du Groenland par Donald Trump et se prononce pour un Groenland indépendant qui pourrait être membre de l’Union européenne ou associé à elle. Cela n’exclut pas le pis-aller de la présence de bases militaires américaines. Le Danemark et l’Union européenne n’étant pas en capacité de défendre le Groenland en cas d’agression de la Russie ou de la Chine (ce qui est moins probable).

Jean-Pierre Hilaire 22/01/26

Note

Ce texte est une actualisation de mon texte de 1983, beaucoup plus court publié dans l’atlas ethnolinguistique la Clef accessible en ligne : https://www.ethnisme.ben-vautier.com/ (analyses et propositions par États, ethnies et régions).

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Tag(s) : #Actualités, #international
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